Que penser de l’iPad ?

Les médias, même traditionnels, en parlent en boucle depuis le 27 janvier. Comme d’habitude, Apple a bien réussi son coup en orchestrant les rumeurs à la perfection pour alimenter le buzz sur l’iTablet, l’iSlate ou l’iPad, le nouvel « amazing » objet que tout le monde s’arrachera à son lancement. Il est clair que sur ce point, tout a été réussi à la perfection : comme d’habitude, c’est du grand art.

Déception

J’étais devant mon écran ce mercredi 27 janvier aux alentours de 19 heures pour lire les retranscriptions du Keynote de Steve Jobs et j’étais quand même un poil déçu. Je n’attendais pas l’objet parce que je n’en voyais pas d’utilité particulière (je suis suffisamment mobile avec mon iPhone et mon MacBook pour trouver un usage à une tablette) mais comme chaque mouton afficionado de la marque à la Pomme, j’attendais de boire les paroles de l’évangile d’iPapy. Les rumeurs avaient déjà ébruité pas mal d’informations, on connaissait à peu près la tête de la bête, on savait qu’elle tournait sous iPhone OS, qu’elle allait faire parler d’elle, qu’il lui manquerait des fonctionnalités mais qu’elle se vendrait merveilleusement bien.

J’attendais donc d’être un minimum surpris et je ne l’ai pas été. Certes, il y a certainement des prouesses technologiques réalisées, pas mal de recherche et développement pour concevoir un processeur ARM peu consommateur pour soulager la batterie et ultra-performant pour concurrencer les Atom d’Intel, que les capacités multi-touch de l’écran semblent meilleure que sur l’iPhone, etc. Mais… c’est tout.

J’attendais notamment une réponse à la montée en puissance d’Android à travers l’annonce d’iPhone OS 4 et de fonctionnalités qui révolutionneraient le marché, comme lors de l’annonce du premier iPhone il y a 3 ans, pour relancer les photocopieuses des concurrents et remettre Apple sur la première ligne.

Le multi-tâches

J’entends beaucoup de monde me dire que la faiblesse d’iPhone OS face à ses concurrents est l’absence de multi-tâches et je ne suis pas très convaincu par l’argument. Je n’ai que peu testé la concurrence pour pouvoir émettre un avis mais je pense déjà à la durée de vie de ma batterie. Honnêtement, je ne trouve pas très gênant le concept du mono-tâche vu la manière dont il est justifié : préserver l’autonomie et les performances. Apple fournit des produits finis, léchés à ses utilisateurs pour qu’il ait la meilleure expérience possible. Fournir du multi-tâches et provoquer des réductions d’autonomie ou des pertes de performance n’est donc pas quelque chose d’envisageable, le risque de perdre la crédibilité est trop important. Il n’y a déjà qu’à comparer un iPhone 3G à un 3GS pour voir les lenteurs du premier face au second pour se rendre compte du problème.  Et puis après tout, en quoi est-ce si important ? Rien ne m’empêche d’écouter de la musique sur mon iPhone en surfant sur le net (en utilisant la solution officielle, certes, qu’est la fonction iPod… point de Spotify ou Deezer possible), rien ne m’empêche de cliquer sur un lien hypertexte dans les applications pour la quitter puisque nombre de développeurs ont repris les fonctionnalités de Safari Mobile (c’est notamment le cas de TweetDeck for iPhone). Après je conçois qu’il est désagréable de devoir relancer l’application Mail quand je clique sur un lien hypertexte contenu dans un message reçu ou de devoir réouvrir une application après avoir passé un coup de fil… mais si c’est au prix des performances de mon smartphone, cela ne me dérange pas.

A ce sujet, certaines rumeurs font été de l’intégration du multi-tâches dans iPhone OS 4 via des API développeurs. Rien donc de natif : le développeur doit concevoir la manière dont son application va devoir se comporter quand elle sera en tâche de fond et donc penser « léger ». C’est quelque chose qui me convainc, d’autant plus que c’est déjà quelque chose de réalisé par certaines applications par l’intermédiaire du « Push » (voir l’exemple d’eBuddy qui permet de recevoir des messages instantanés sans pour autant que l’application soit ouverte).

Mais dans le cas d’une tablette que le bât blesse car elle doit être capable de se substituer à un ordinateur classique. On imagine, par exemple, assez mal de devoir remplir une feuille de calculs Numbers en prenant les données depuis Safari Mobile : cela risque d’être fastidieux. Le choix d’iPhone OS en lieu et place d’un Mac OS X « lite » n’est pas pour autant risqué : Apple cloisonne les utilisations possibles via l’App Store pour, on en revient toujours au même point, s’assurer que l’expérience utilisateur sera la meilleure possible. Rien ne nous dit d’ailleurs qu’une iTablet ou iSlate n’est pas en préparation avec, sous le capot, une version allégée de Snow Leopard…

Je reste persuadé qu’Apple saura nous surprendre ! Le produit n’est pas encore disponible, seule une poignée de personnes ont pu l’approcher et rien ne les empêche d’agrémenter l’iPad de nouvelles fonctionnalités à sa sortie ou via des mises à jour logicielles ultérieures.

Et Flash ?

Quand j’ai vu les photos de la bête, que j’ai regardé la vidéo du Keynote, j’ai vu ni plus ni moins qu’un « super iPod touch » à un prix correct qui risque d’inventer un nouvel usage plus vite qu’on ne le pense. Ce nouvel usage passe avant tout par du surf puisque Safari Mobile est un bon navigateur mobile et que l’écran de la tablette va permettre d’afficher les sites de manière confortable pour la lecture.

Reste la bête noire : Flash. On entend beaucoup de choses à son propos : Steve Jobs qui dit tout le mal qu’il en pense (plantogène sur Mac OS X, mal optimisé, etc.) et les internautes/journalistes/geeks qui trouvent scandaleux que la technologie ne soit pas reprise par Apple.

La raison officielle est que Flash est mal optimisé pour la plateforme et qu’il risquerait de gâcher l’expérience utilisateur à coup de nombreux plantages. Ce n’est pas faux : Flash est une vrai plaie sous Mac, la moindre lecture d’une vidéo sur YouTube ou d’une publicité un peu lourde sur le moindre site entraîne une consommation processeur au plus haut et donc un ventilateur qui oublie de se faire oublier. Apple met certainement de la mauvaise volonté à permettre à Adobe d’optimiser Flash en ne fournissant pas suffisamment d’API pour pousser l’utilisation de QuickTime et HTML5. Mais Adobe doit aussi considérer qu’optimiser son code pour une minorité d’utilisateurs (à la louche, 10%) est trop coûteux. Un partout, la balle au centre.

Reste qu’Apple a trouvé un merveilleux moyen de gagner de l’argent sans bouger le petit doigt : l’App Store. L’écosystème est entièrement contrôlé par Apple, il est maître sur ses terminaux mobiles et n’entre pas qui veut dans ce terrain de jeux. Bloquer Flash n’est donc qu’un moyen supplémentaire de continuer à contrôler l’usage des iPhone/iPod touch/iPad et donc faire fleurir les dollars par million en empêchant d’utiliser une autre technologie plus facile à mettre en œuvre (plus de développeurs, compétences moins coûteuses qu’Objective C) et incontrolable.

Et donc ?

J’avoue tout de même avoir hâte de pouvoir tester l’iPad, ne serait-ce que pour constater le merveilleux travail accompli par Apple pour concevoir un beau produit pour le plus grand nombre. Le prix d’entrée est correct, que ce soit en version WiFi ou 3G+WiFi, et les marges d’Apple certainement suffisamment hautes pour avoir une marge de manœuvre appréciable. Il ne fait pas de doute que le produit se vendra, qu’il subira des ruptures de stock dès son lancement et qui mettront plusieurs mois à se résorber (comme à chaque lancement d’iPhone, pour les actuels iMac 27″, pour la Magic Mouse, etc.) et qu’il dévoilera un nouvel usage que la concurrence n’aura pas su apprivoiser avant Apple.

Pour autant, je reste sceptique. Le couple iPhone/MacBook qui me suit partout n’est pas prêt à laisser entrer un nouvel outil car je n’en vois simplement pas l’utilité. Mon iPhone me permet d’avoir la mobilité suffisante à mon usage (mails, surf, iPod, Twitter, Facebook) et mon MacBook est là pour les utilisations plus poussées (pas difficile de trouver une borne FreeWifi si besoin). Qu’en est-il des utilisateurs « moyens » ? J’avoue ne pas trop savoir quel usage découlera de la tablette : à la maison devant la télé, dans son lit, dans les transports pour lire des livres, … ?

Enquête sur les internautes français et l’engagement politique en ligne

Les choses avancent petit à petit concernant mon mémoire sur le militantisme 2.0 : ma bibliographie continue de s’étoffer, je lis en ce moment des choses très intéressantes qui me donnent pas mal d’idées, je prends beaucoup de notes par l’intermédiaire de mon joli carnet à spirale…

Pour continuer à explorer les terrains de ma recherche, j’en viens aujourd’hui à publier une enquête sur les internautes français et l’engagement politique en ligne. Cette étude est d’ores et déjà disponible en ligne : je vous invite à y participer et à en parler autour de vous, à gazouiller sur Twitter, à publier le lien sur Facebook, etc. Le but est de recueillir un maximum de réponses sur une large palette de personnes pour avoir un bon échantillon et tirer les conclusions adéquates dans mon mémoire.

L’étude prend moins de dix minutes et se décompose en quatre séries de questions : mieux vous connaître, vous et les réseaux sociaux sur Internet, vous et les réseaux sociaux des partis politiques français et la dernière série sur les usages des réseaux sociaux politiques. Le tout tourne sur Google Documents qui fourni un outil puissant, avec des possibilités de contextualisation des questions en fonction de réponses précédentes et un bon outil statistiques pour analyser les résultats.

N’hésitez pas à faire tourner, c’est la forte participation qui permettra d’avoir des résultats intéressants. Si vous avez des commentaires ou des suggestions, c’est pareil, vous savez où me joindre :)

Point d’étape sur le mémoire – 2 février 2010

Il est temps de faire un petit point d’étape sur mon mémoire sur la politique 2.0 le militantisme 2.0 car les derniers jours ont été relativement importants.

Tout d’abord, il y a deux semaines, nous avons été soumis à un écrit pendant notre période de partiel autour de ce fameux mémoire. L’objectif était dans le titre de l’examen : faire le bilan et dresser les perspectives sur le travail scientifique que l’on est amené à produire. Le menu digeste de ces trois heures : présentation de l’objet de la recherche, développement des enjeux, description détaillée des terrains de travail et proposition d’un ou plusieurs plans.

Les notes ont été rendues hier et j’ai obtenu un 12, ce qui correspond à mes attentes. Concrètement, il faut savoir que ce partiel était épuisant : c’était notre dernier écrit de la semaine et il fallait beaucoup de concentration tellement le sujet est vaste à traiter. C’était aussi une sorte de test-match car c’est la première fois que l’on devait produire du contenu dans un temps donné sur le contenu de notre travail scientifique. Et c’est là que l’on se rend compte si, oui ou non, on a des choses à dire sur notre sujet ou si c’est plus laborieux. Je n’ai pas eu beaucoup de difficulté, j’ai juste eu l’impression de pas mal me répéter ou de ne pas trop savoir comment classer mes informations.

Je suis en tout cas rassuré de savoir que je peux produire du contenu, que je m’imprègne petit à petit de mon sujet car le saut dans le grand bain des 60 pages à produire arrive petit à petit !

Ensuite, j’ai rendu hier les fiches de lecture sur une partie de ma bibliographie. Ce n’est malheureusement pas tout à fait terminé, il reste encore des ouvrages à ouvrir, des notes à prendre et trier… Je vais d’ailleurs me plonger dans les prochains jours dans trois ouvrages :

  • Roguer David, Blogs, médias sociaux et politique, Paris, Les 2 encres, 2009, 112 p.
  • Crouzet Thierry, Le cinquième pouvoir. Comment Internet bouleverse la politique, Paris, Bourin Editeur, 2007, 284 p.
  • Serfaty Viviane, L’Internet en politique des Etats-Unis à l’Europe, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2002, 424 p.

Je commence à avoir une bonne vision du sujet et compte l’ouvrir prochainement sur un nouveau thème : le militantisme politique. C’est ressorti par la correction de ma copie de partiel : mon mémoire ne porte pas sur la politique mais précisément sur l’évolution du militantisme. Je dois donc entrouvrir ce thème et compléter ma bibliographie en conséquence. A moi donc la sociologie du militantisme politique et son histoire… miam :P

Au niveau du planning, je vais m’empresser d’envoyer un email à Christophe Aguiton, mon tuteur, pour lui rendre compte de mes avancées, continuer l’exploration de ma bibliographie et préparer une fiche d’analyse de mon corpus (les terrains de recherche) pour le 15 février. Pour le 8 mars, je devrais avoir rédigé mon introduction et défini le plan détaillé. La rédaction à proprement parler débutera juste après, jusqu’à la fin avril pour un rendu début mai et une soutenance début juin. On y croit ;-)

Enfin, petit scoop avant de retourner le nez dans les bouquins, voici une esquisse du titre, rien que pour vous : « Militants 2.0 : CooPol et Créateurs de Possibles, les partis traditionnels à l’assaut du web participatif »

Crédit photo : La Netscouade, publiée sous licence Creative Commons