Le point sur deux années de DUT SRC

A l’issu de mon Baccalauréat ES, je suis entré en DUT Services et Réseaux de Communication à l’IUT de Vélizy. Le DUT SRC est une formation pluridisciplinaire qui a pour objectif de former des professionnels de la conception et la réalisation de produits et services multimédia. Il s’agit d’une formation associant l’acquisition de compétences pratiques (conception multimédia, informatique, bases de données), de capacités dédiées à la maîtrise des applications des technologies multimédia (commerce, marketing, communication) et à la gestion de projets.

Alors que je viens aujourd’hui d’obtenir mon diplôme, il me semble essentiel de revenir sur ces deux années riches de formation pour en tirer quelques conclusions.

Le contexte

Je ne suis pas arrivé en DUT SRC par hasard : cela faisait un peu plus d’un an que mon plan d’études était ficelé. A l’époque déjà, j’étais passionné par les nouvelles technologies et j’avais déjà participé à divers projets de sites web. Le plus important de ce projet était pour moi était la création d’AGAW, l’association que j’ai co-fondé avec mes acolytes Simon et Guillaume pour formaliser le travail que nous faisions sur AeroWeb et nous donner plus de poids vis-à-vis des industriels du secteur et aussi de nos concurrents.

Je cherchais une formation qui allait me permettre de formaliser mes compétences d’autodidacte, tout en appréhendant des problématiques de gestion de projet qui nous ont toujours fait défaut dans l’organisation de l’association.

Après des recherches, la lecture d’un guide Studyrama sur les métiers du Multimédia et de l’Internet, j’ai discuté de ce projet avec Julien qui avait un parcours similaire au mien. Lui avait terminé un an plus tôt son DUT SRC à Laval, avait monté sa société et m’a conseillé de suivre cette formation pour son programme et les compétences qu’elle pouvait apporter à sa sortie.

La formation

Un mot peut résumer les enseignements de la formation : pluridisciplinarité. Qu’il s’agisse de théorie pure (communication, gestion de projet, mathématiques, multimédia) ou de pratique (graphisme, informatique, projets tuteurés), SRC forme des gens ouverts sur le monde des nouvelles technologies. L’objectif n’est pas de former des exécutants mais plutôt des gens ouverts et capables d’assimiler des problèmes, de dialoguer et de manager. Le profil formé est donc celui d’un « communicant exécutant » (ou l’inverse, tout dépend des capacités que l’on aura souhaité principalement développer). Cet aspect pluridisciplinaire peut également être considéré (et l’a été par certains de mes collègues) comme un défaut puisqu’il ne forme pas réellement à un métier mais à tous les métiers du multimédia (du développeur au chef de projet en passant par chargé de communication).

Au cours des deux années, il m’est arrivé de critiquer certains aspects des enseignements. Trop théoriques ou pas assez pratiques, j’ai parfois eu le sentiment que le juste milieu entre les deux aspects n’était pas convaincant. Mais je dois dire aujourd’hui que le compromis qui a été choisi dans le déroulement des enseignements permet à chacun de développer des compétences qui peuvent être différentes du reste de la promotion. Certains ont par exemple mis le paquet sur l’aspect communication, plutôt que sur l’aspect technique, parce qu’ils ne s’y sentaient peut être pas assez à l’aise. Pour ma part, je n’ai pas négligé d’aspect particulier (hormis un… mais des circonstances sont applicables ;)) en travaillant toutes les matières.

Le projet tuteuré

A Vélizy, nous avons la chance de travailler pendant un an (ce qui doit représenter pas loin de 300h par personne sur l’année) sur un projet tuteuré que nous menons de A à Z en « agence ». Ce concept d’agence est similaire à celui d’une agence web : six personnes, de niveau et de compétences variés, avec un seul et unique but : réussir le projet que nous avons imaginé, de la phase conceptuelle à sa réalisation. L’organisation doit être gérée par un chef de projet, chargé de gérer son équipe, suivre l’avancement de son projet et de l’organiser.

De notre côté, nous formions une agence de six personnes (baptisée Origine, cf. présentation sur le site du département ou notre site d’agence), aux compétences variées (chaque personne avait son sujet de prédilection). Dès le départ, nous avons eu l’idée de concevoir un système de gestion de contenus open-source basé sur la vidéo, permettant à chaque personne disposant d’un minimum de connaissances techniques, de concevoir son propre site de partage de vidéos en ligne (à l’image de Dailymotion ou YouTube).

Après un an de travail et près de 1800 heures passées sur le projet (réunion, rédaction de dossiers, conception de deux films audiovisuels de présentation, étude de communication sur les réseaux sociaux, développement informatique, etc.), nous avons réussi notre pari. En effet, le site CMS développé était pleinement fonctionnel et distribuable en l’état (notre soutenance finale est disponible en streaming). Nous devrions d’ailleurs prochainement le distribuer en open-source, j’aurais l’occasion de revenir ici-même sur la chose !

L’heure du bilan : intense

Intense parce qu’il y a eu beaucoup de liens tissés entre nous. La promotion que nous avons formé s’est toujours serré les coudes afin que tout le monde puisse s’en sortir. J’ai bon espoir de conserver le contact avec quelques uns d’entre eux.

Intense aussi parce qu’il y a eu beaucoup de travail réalisé. Que ce soit pendant les cours, les travaux pratiques ou le projet tuteuré, ce fut deux années loin de tout repos.

Intense enfin parce qu’il y a eu du stress. Le projet tuteuré est vraiment une épreuve « glissante » : à tout moment l’on peut se prendre les pieds dans notre propre tapis. Il faut beaucoup d’organisation et d’échanges pour que tout se passe pour le mieux. Il faut aussi beaucoup de travail et d’exigence. L’ambition est également importante, sans elle nous n’aurions certainement pas atteint notre objectif.

Ce qu’il faut retenir

Le DUT SRC est une formation pluridisciplinaire pas uniquement réservée aux profils scientifiques, comme on voudrait nous le faire avaler. Il est préférable d’avoir un prérequis de connaissances du secteur de l’Internet avec un site web réalisé, par exemple, pour mieux appréhender les cours.

Même si certains font la publicité de SRC sur le côté audiovisuel, cette formation ne vaut pas un BTS Audiovisuel : la partie enseignée représente un volume horaire faible (4h par semaine tout au plus) et les professionnels ne la reconnaissent pas. Si vous avez envie de bâtir votre avenir dans ce secteur, ce n’est pas un choix judicieux à mon avis.

Il faut de la volonté, du travail et parfois de l’acharnement. Tout n’est pas aisé, certaines parties de programme (dont les mathématiques pour mon cas mais le problème était peut être ailleurs) sont ardues et nécessitent de l’investissement personnel. Je pense cependant qu’avec de la volonté et du travail, on peut tout à fait réussir honorablement.

La poursuite d’études post-DUT me semble essentielle. SRC est une formation pluridisciplinaire et la spécialisation est primordiale une fois le DUT obtenu pour entrer dans le monde professionnel. La rigueur ainsi que les compétences acquises après le DUT permettront cette poursuite dans différents secteurs comme l’informatique pure (en école d’ingénieur, par exemple), en communication ou en marketing.

3 Commentaires

  1. Bonjour,

    Tout d'abord, merci pour cet avis(j'ai cherché sur Internet, et le tiens est sans doute le plus objectif). Étant en terminal STG, j'aimerais faire un DUT SRC l'année prochaine, et j'aimerais avoir d'autres informations sur ce DUT et sur l'IUT de Vélizy(ambiance ? réputation ? niveau ?). Il y a des cours sur le graphisme, la création de sites internet, Photoshop, Java,… les profs partent sur l'idée que les élèves n'y connaissent rien ? ou faut-il, avant, en apprendre un minimum ? Les stages peuvent-ils être rémunérés ? Est-ce un DUT particulièrement difficile ? Pour tout ce qui est graphisme, faut-il être fort en dessin, ou tout cela se fait sur informatique ?

    En espérant une réponse rapide, Merci.

    1. Pour te répondre, sache que l'IUT de Vélizy est super bien : matériel récent, profs plutôt compétents, équipe à l'écoute, etc. L'ambiance était très bonne, on a eu l'occasion de nouer des bons liens ensemble et je peux te dire que ça continue, pour certains, encore aujourd'hui !
      Le niveau est bon, même si, à mon sens, il y a trop d'exigences inutiles en maths et ça n'a pas l'air d'avoir évolué dans le bon sens depuis que j'y suis parti.
      Les profs partent sur l'idée que les étudiants n'ont pas de compétence mais ça n'empêche pas de pouvoir faire des choses sympa. A titre personnel, je suis autodidacte, et même si j'ai pu m'ennuyer à certaines reprises, ça ne m'a pas dérangé. C'est à voir selon ta manière d'appréhender les choses.
      Les stages peuvent être rémunérés : c'est comme tout, ça se négocie.
      Et, enfin, pour le graphisme, je suis une "merde" en dessin et ça ne m'a pas empêché d'avoir la moyenne. On fait à la fois du dessin papier et de l'application sur ordinateur (Photoshop, InDesign), c'est un bon mix.

  2. […] achevé mon premier cycle universitaire et suis rentré dans le deuxième second. Après un DUT où j’ai eu la chance de faire de belles rencontres et où j’ai pu confirmer […]

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