Retour sur la Keynote d’Apple

Fin de l’insoutenable suspens hier soir à 19h. Apple avait convoqué un parterre de journalistes pour assister aux annonces de son messie, Steve Jobs. Dès le carton d’invitation, l’évocation d’un rafraîchissement de la gamme d’ordinateurs portables semblait acquis.

The spotlight turns to notebooks

Depuis plusieurs semaines, les sites de rumeurs spécialisés dans les produits de la pomme faisaient état de modifications majeures avec un nouveau mode de fabrication (Bricks), de l’aluminium galvanisé pour toute la gamme et des prix plus attractifs.

Revenons sur ces annonces.

Les (r)évolutions

Apple a encore clairement montré qu’elle avait l’innovation dans le sang. Le nouveau mode de fabrication des portables n’en est que le plus grand exemple, tout comme le nouveau trackpad 39% plus grand que l’ancien, doté des fonctionnalités multi-touch du MacBook Air et des fonctionnalités de l’iPhone. J’ai réellement hâte de le tester, étant déjà toujours surpris par la simplicité déconcertante et le naturel du fonctionnement de l’ancien trackpad, la disparition de (l’affreux) bouton ne devrait qu’améliorer l’expérience utilisateur.

Une autre révolution : la présence d’une vrai carte graphique dans toute la gamme. Fini les chipsets moisis d’Intel qui ne donnaient que de piètres performances dès qu’ils étaient sollicités, la présence d’une nVidia GeForce 9400M par défaut devrait répondre aux détracteurs qui arguaient des piètres performances graphiques des produits de la pomme. Les éditeurs de jeux vidéo vont, je l’espère, s’engouffrer dans cette brèche qui leur est offerte de sortir la majorité des jeux PC sur notre plateforme, ne serait ce que pour donner un réel sens à l’arrivée d’OpenCL (technologie d’exploitation des puissances de calcul de la carte graphique) dans Snow Leopard. Au final, double impact pour Apple : conquérir les irrésistibles Pcistes qui ne voulaient pas switcher en raison de la carte graphique présente uniquement sur le haut de la gamme et permettre aux éditeurs de jeux d’entrer véritablement sur la plateforme.

Apple standardise également le style de sa gamme. Les écrans bénéficient désormais tous d’un rétroéclairage à LED, ce qui est à la fois bon pour l’environnement et la consommation d’énergie, donc l’autonomie de la batterie. Le style aussi, au delà de l’aluminium, les écrans (du MacBook, au MacBook Pro en passant par les Cinema Display) ont tous un contour identique au style des iMac. Ils sont également tous en finition brillante, ce qui fait déjà grincer des dents les amateurs d’écrans mats. Fini aussi le lecteur CD Combo, le Super Drive devient (enfin) un standard.

L’écologie au centre

Le MacBook le plus écolo jamais conçu

Greenpeace jouait avec Apple en lui faisant une mauvaise publicité. Même si Greenpeace n’a pas encore commenté les nouveaux efforts d’Apple en matière d’environnement, on peut constater dans la présentation que l’argument du vert est très présent. A l’image de ce qui se fait maintenant dans l’aéronautique, Apple est vert… du moins elle veut le faire croire à ses futurs consommateurs.

Réduction du packaging, absence d’arsenic et de mercure, conformité aux exigences Energy Star, boîtier hautement recyclable, etc… la gamme MacBook n’est pas parfaitement « con ».

Parfaitement con

Attendons la prochaine enquête de Greenpeace pour savoir ce qu’il en est réellement mais il n’y a pas de doute qu’un grand pas en avant a été fait, c’est indéniable.

L’avarice

Mais Apple reste Apple. Comme à son habitude, elle tire sur tout ce qu’elle peut grappiller. L’entrée de gamme des MacBook a désormais un processeur cadencé à 2GHz, au lieu de 2,1GHz précédemment (la différence est mince mais tout de même), toujours dépourvu d’Apple Remote ou d’adaptateur vidéo, y compris pour le MacBook Pro : il faudra ajouter 19€ et 29€ pour les obtenir.

Adieu FireWire : le MacBook rétrécit pour être léger comme l’Air… sans FireWire, ce qui devrait pousser nos amis cinéastes à se reporter sur le MacBook Pro.

Au final

Le suspens de la Keynote ayant été très largement ébruité, il n’y a pas eu d’annonce fracassante dont Steve Jobs a habituellement le secret. C’est certainement la principale déception que l’on peut avoir : fini les surprises.

Pour le reste, Apple montre clairement qu’elle est capable de concurrencer Microsoft en plaçant Vista, quasiment sans exagération, comme la plus grande erreur de tous le temps pour la firme de Redmond. Place aux produits verts, à l’innovation utile pour continuer la récupération de précieuses parts de marché.

La principale force du Mac reste Mac OS X, « le meilleur système d’exploitation au monde », intégrant tout le nécessaire pour le commun des mortels. L’arrivée de Snow Leopard en juin prochain et de ses bases entièrement 64 bits permettra de libérer l’OS du superflu PowerPC et donc d’améliorer grandement les performances.

Si vous voulez mon avis, ce n’est qu’un début pour Apple.

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